Communiqués

1 avril 2010

Budget du Québec 2010-2011 : le droit à la santé désormais un luxe!

Jacinthe Godard
Concertation régionale des organismes communautaires de l'AT

Rouyn-Noranda, le 1er avril 2010 – La Concertation régionale des organismes communautaires en santé et services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CROC-AT) accueille froidement le budget Bachand, déposé par le ministre des Finances, ce mardi 30 mars 2010. S’attaquant de plein fouet au droit à la santé, ce budget propose plutôt de refiler la facture aux personnes de la classe moyenne ainsi qu’aux moins nantis.

« Depuis plus d’une quinzaine d’années, parmi tous les rapports d'analyse proposés au gouvernement, que ce soit Castongauy ou autres, l’approche adoptée par le gouvernement renvoie clairement au camp des Lucides », de mentionner Mme Laforge, présidente de la CROC-AT. Les choix budgétaires effectués, s’appuyant très clairement sur une idéologie néolibérale, feront en sorte de creuser encore davantage l’écart entre les riches d’une part et la classe moyenne et les plus pauvres d'autre part.

Par le biais d’impôts progressifs ou encore de mesures alternatives (réduction des abris fiscaux, taxation des produits de luxe, hausse significative des redevances sur les ressources naturelles et autres), le gouvernement aurait pu faire des choix différents lui permettant d’améliorer les services essentiels, et ce, pour l’ensemble de la population. La CROC-AT, à l’instar de plusieurs mouvements sociaux, estime que le gouvernement est responsable de rétablir une fiscalité visant une plus grande justice sociale.

En plus de réduire l’accès aux soins de santé, le ticket « modérateur » et la contribution santé abaissent les soins de santé au rang de biens marchands alors qu’il s’agit d’un service public. Il est impensable que des mesures régressives de cette ampleur, « au nom de la rationalisation et de l’instauration d’une culture de contrôle des dépenses », pour reprendre les termes du ministre Bachand, soient envisagées pour financer le système de santé, souligne Jacinthe Godard, agente socio-politique à la CROC-AT.

Quels impacts auront ces mesures sur la population? Constituant le dernier filet de sécurité de la population, comment les groupes communautaires pourront répondre à la demande et aux besoins des populations vulnérables et démunies qui frapperont à leurs portes? Aucune augmentation réelle du financement des organismes communautaires n’est envisagée dans ce budget, et ce, malgré un besoin criant de plus de 189 millions de dollars par année pour l'ensemble du mouvement communautaire québécois en santé et services sociaux. En Abitibi-Témiscamingue, le manque à gagner pour un financement adéquat à la mission des organismes communautaires en santé et services sociaux est de l’ordre de plus de 9 millions.

Les organismes communautaires répondent directement aux besoins des populations vulnérables, en plus d’être une des pièces maîtresses de la vie démocratique au Québec. Accompagnant les personnes dans des processus de reprise de pouvoir sur leur vie, les responsabilités des organismes communautaires sont énormes puisqu’ils sont les premiers sollicités par les populations touchées. Soutenir les organismes communautaires c'est avant tout soutenir les populations vulnérables qui viennent en aide à des centaines de milliers de personnes.

Il est nécessaire de rappeler ici que nous ne sommes pas dupes par le budget 2010-2011 du gouvernement libéral. Nous n’acceptons pas que le gouvernement mette la hache dans nos valeurs de justice et de solidarité sociale. À nous de nous en souvenir le moment venu, mais d’ici là, réagissons!

La Concertation régionale des organismes communautaires de l’Abitibi-Témiscamingue (CROC-AT) est un lieu de concertation réunissant 138 organismes communautaires en 2009-2010. Elle a pour mandat de les représenter ainsi que de soutenir ceux oeuvrant en santé et services sociaux, en plus de promouvoir l’action communautaire autonome.

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Source : Jacinthe Godard, agente socio-politique (819) 797-3822